Street art, animaux sauvages, et galères d’auto-stoppeur : Bienvenue à Penang !

Vendredi 23 Juin 2017,

J’atterris mardi soir à Penang. Dans le bus qui me mène à Georgetown, le centre historique, je romps le jeûne avec une bouteille d’eau et quelques biscuits qui restaient au fond de mon sac. Devant moi, une bonne partie du bus a prévu un casse-croûte pour la route. Je savais que j’allais dans un pays musulman mais j’avais oublié l’esprit de communion qu’il y avait pendant ce mois sacré. La page du ramadan solitaire au Vietnam se tourne et ce n’est pas pour me déplaire.

Je sens que je vais me régaler dans ce pays !

Georgetown est réputé pour deux choses : le street art et le street food… je passerai donc la majorité de mon temps ces prochains jours… dans la street ! À peine arrivé, je cours découvrir ce que cette ville a à m’offrir. La gastronomie est à l’image des différentes communautés du pays. On peut manger malais, indien ou chinois. C’est délicieux et ça coûte en général moins de deux euros : Je sens que je vais me régaler dans ce pays !

Il commence à se faire tard et les lumières de la ville éclairent à peine les ruelles vides de monde mais riches en œuvres d’art… Je me laisse tenter par une balade nocturne et en profite pour faire un premier repérage. Les œuvres sont plus originales les unes que les autres, et j’ai le luxe de pouvoir les contempler seul, avant que la foule de touriste ne prenne le relais le lendemain matin.

peneng street art

Mercredi, je décide d’aller un peu plus à la chasse au street art. Il y en a partout et pour tous les goûts aux alentours de l’armenian street. Les plus célèbres sont les oeuvres de Ernest Zacharevich, un peintre lituanien installé à Penang. C’est le moment de replonger en enfance pour quelques heures.

children on bicycle penang

man on bike penang

georgetown streetart

La nuit du mercredi est aussi une nuit importante du ramadan (Laylat al kadr – La nuit du destin). Je décide d’aller à la mosquée pour la rupture du jeûne et pour la prière du soir (tarawih). La religion a une place importante en Malaisie. Je remarque que les gens sont très pratiquants ici, surtout chez les communautés indiennes (Hindouisme et Bouddhisme) et malaises (Islam). Je rencontre dans la mosquée un tunisien et … un marocain ! Le premier depuis que je voyage en Asie du Sud-Est. Après la prière, le repas du soir est offert : un délicieux briani à partager avec mes deux compères maghrébins.

mosquée georgetown

Jeudi, je décide de visiter le parc naturel de Penang avec comme point de chute Monkey Beach. Un trek de plusieurs heures entre jungle tropicale et plages sauvages. Sur le chemin, on peut observer plusieurs espèces de singes dans leurs habitat naturel. Au bord d’une des plages, je vois une tête qui sort de l’eau et qui nage le long du bord. Curieux, je suis discrètement cette bête jusqu’à ce qu’elle décide de sortir. C’est alors qu’un varan de 2 mètres de long sort de l’eau. Je pensais au début que c’était un crocodile et j’étais tellement bouche bée que je n’ai pas eu le temps de le prendre en photo. Je l’ai suivi quelques mètres avant qu’il ne disparaisse dans l’épaisse jungle du parc. J’en reverrai un un peu plus loin sans toutefois pouvoir l’approcher suffisamment pour le prendre entièrement en photo. Un moment émouvant aussi a été le passage près d’une maman macaque qui nourrissait son bébé… voir ça dans leur habitat naturel est une vrai chance !

On peut apercevoir la queue du varan sur cette photo

Une fois arrivé à Monkey Beach je suis un peu déçu de découvrir une plage des plus touristiques. Si le chemin de trek est bien préservé, la plage l’est un peu moins : plusieurs cafés, bateaux, loueurs de jet-ski ou de hamacs… Je trouve ça dommage que la destination ne soit pas aussi sauvage que le chemin pour y parvenir…

hamac monkey beach

Ce matin, je décide de rejoindre Malacca en stop. C’est 500km qui me séparent de ma destination mais cette fois, contrairement au Vietnam, les routes sont plutôt bonnes. Je perds un temps fou à sortir de Penang et de toutes ses banlieues qui se succèdent. Le plus dur en stop est probablement de sortir des grandes villes. Une fois les premiers kilomètres franchis, la suite est plus facile. Il me faudra finalement trois voitures (dont un Uber qui me dépose gratuitement) pour sortir de la ville. Les routes sont bondées et malheureusement beaucoup de voitures sont pleines. Les familles retournent dans leurs villes natales célébrer Hari Raya, ou l’Aid El Fitr, la fête marquant la fin du ramadan. Dans ces conditions il est un peu plus difficile de trouver une voiture. C’est finalement Riggin qui m’accepte dans son camion.

Riggin fait partie de la communauté indienne de Malaisie. Ses grands parents sont arrivés lorsque la Malaisie (et l’Inde) faisaient partie de l’empire britannique. Il m’explique à sa manière les différentes communautés (malais, indiens, chinois) présentes en Malaisie et regrette les tensions entre celles-ci. Il me dit qu’il n’est pas considéré comme étant totalement malaisien même s’il n’a jamais connu d’autre pays.

Le camion avance lentement mais sûrement. Par contre Riggin ne peut me déposer qu’à Kuala Lumpur (KL), où il fera un détour d’une trentaine de kilomètres par rapport à son trajet initial. Il me laissera finalement sur une station service sur la route de Malacca. Les bouchons et le temps perdu à Penang font que j’arrive à 23h dans cette station service de KL. J’ai deux possibilités : soit dormir dans la petite salle de prière de la station, soit essayer de continuer pour Malacca. Je me donne 30 minutes pour trouver une voiture. Au delà de ça, j’irai dormir dans la salle de prière.

Je dois faire beaucoup plus attention aux voitures que je vais voir. Faire du stop le soir n’est pas facile et peut s’avérer dangereux. La méfiance est naturellement double dans les deux sens… Je vais donc voir les voitures qui s’arrêtent pour faire le plein d’essence et les choisis avec précaution. Au bout d’une dizaine de minutes un jeune malais qui m’avait dit auparavant ne pas aller dans ma direction vient me voir. Il m’avoue m’avoir menti par méfiance avant de se rendre compte que « je n’étais pas méchant ». Il veut bien me déposer à une station service à l’entrée de Malacca, sur sa route pour Johor Bahru.

Il est 1h30 du matin et je suis arrivé à ma station service. Malheureusement, je n’ai pas de moyen de rejoindre la ville. J’ai fait quelques tentatives de stop mais l’endroit ne s’y prête pas à cette heure-ci. Le gérant de la station me propose finalement de dormir dans le Surau, la salle de prière de la station service. C’est donc une nuit des plus originales qui m’attend…

Mon campement de fortune pour la nuit