Un bras dans le plâtre, l’aventure continue !

Vendredi 9 Juin 2017,

Depuis le bus qui me ramène à Ho Chi Minh Ville, appelé aussi Saigon.

Depuis une semaine, mon voyage a pris un nouveau tournant. Je suis obligé de faire avec un nouveau compagnon de route qui me limite non seulement dans mes mouvements, mes aussi dans mes projets. Mais pas question de laisser ça gâcher mon voyage, je décide de continuer vers le Sud du Vietnam.

J’ai dorénavant de nouvelles contraintes. Mon bras gauche dans le plâtre et le droit dans un sale état, je ne peux porter mon sac à dos que par la poignée. Son poids devient un véritable fardeau et je dois me séparer de ce qui est le moins nécessaire. Mes affaires de camping ainsi que mes vêtements chauds, si utiles pendant mon passage en Sibérie, font les frais de ce délestage forcé. Je laisse aussi, avec un brin de nostalgie ma chemise à carreaux fétiche…

À l’auberge de Ninh Binh, la ville de l’accident, j’ai trouvé auprès de compagnons de route l’énergie nécessaire pour continuer. En tête de liste Hilde et Ghiline, deux têtes brûlées d’hollandaises qui font le Vietnam du Nord au Sud entièrement en moto. Pour dédramatiser la situation, elles signent mon plâtre le premier soir d’un coquin « Neuken in de Keuken » (expression hollandaise, traduisez  » Sexe dans la cuisine « ).

Je poursuis donc l’aventure à Phong Nha, arrêt incontournable pour ses grottes calcaire accessibles en bateau. Malheureusement je ne peux pas faire toutes les visites que j’avais prévues, certaines grottes sont accessibles seulement en canoë. Je passerai à côté d’autres villes et d’autres activités comme les chutes d’eau de Da Lat. Je m’estime déjà heureux d’être là et me dis que beaucoup auraient aimé être à ma place, même avec un bras dans le plâtre.

Je rejoins ensuite Hoi An, charmant petit port commerçant plein d’échoppes artisanales. Avec l’afflux des touristes, la ville s’est transformée en véritable capitale du sur mesure. On peut s’y faire des costumes, chemises, ou chaussures à des prix imbattables. Je trouve la ville agréable et idéale pour s’y reposer quelques jours. Ici, les magasins de souvenirs et d’artisans se côtoient dans de petites rues piétonnes. Le mot d’ordre est au marchandage et le marocain que je suis se plait à pratiquer son sport national. Le soir, un marché prend place sur les bords du fleuve. Toute la ville est de sortie, locaux comme touristes. C’est le bon moment pour rencontrer d’autres backpackers en route pour certains vers le Sud, d’autres vers le Nord.

Ces trois jours sont surtout l’occasion de recharger les batteries et de soigner mon bras droit. Dans le bus, je fais la rencontre de Tomas et Joao, deux portugais en voyage en Asie du Sud-Est. On sympathise rapidement on décide de partager une chambre d’hôtel bon marché. Ce n’est pas le grand luxe, mais au moins je retrouve une relative intimité. Ils m’aident à transporter mon sac de la station de bus à notre hôtel et seront de bons compagnons pour ces trois prochains jours.

Devant refaire mon plâtre après une semaine, je décide d’aller à l’hôpital d’Hoi An. Je découvre un hôpital vétuste et délabré qui me fait une fois de plus prendre conscience de la réalité sociale de ce pays. Je décide donc de me faire soigner à Saigon, où j’espère trouver un meilleur hôpital. Je prends à nouveau le bus qui mettra cette fois 24 heures pour rallier Saigon.

La baignade étant maintenant complètement proscrite, je dois réadapter mon itinéraire. J’abandonne l’idée d’aller au Cambodge où je ne pourrais pas profiter à fond. Je mets aussi entre parenthèses l’auto-stop pour quelques semaines. Je dois donc trouver une nouvelle destination plus adaptée. J’ai d’abord pensé à la Birmanie qui m’a toujours attiré. Loin des sentiers battus par les touristes, ce pays regorge d’une culture unique et s’ouvre petit à petit au monde. De plus il est frontalier à l’Inde où je souhaite me rendre ensuite. En me renseignant de plus près, je découvre que les frontières terrestres sont fermées à cause d’affrontements armés et qu’il me faudrait prendre un autre vol pour quitter la Birmanie ce qui revient assez cher. Le budget devient un sérieux critère, surtout depuis mes récentes mésaventures.

Je balaye donc les potentielles possibilités pour aller en Inde. Je me rend compte qu’aller en Inde en passant par la Malaisie, capitale mondiale du vol low-cost, est une très bonne option à la fois budgétaire, mais aussi attrayante ! L’Inde est probablement le pays qui m’attire le plus depuis que je me suis lancé dans cette aventure et je comptais le laisser pour la fin, comme une cerise sur le gâteau. Finalement j’y vais plus tôt que prévu, avec une longue escale de trois semaines en Malaisie, et c’est sûrement pour le mieux !